Reprendre le travail après une pause : le trou dans ton CV n’existe pas en vidéo

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Ophelie WelldonOphelie Welldon · octobre 3, 2026 · 5 min de lecture

Tu reviens sur le marché du travail après une pause de un an, deux ans, cinq ans. Tu as les compétences, tu as l’envie, et tu redoutes une seule question : celle sur le trou dans ton CV. Cet article te donne les trois phrases pour y répondre à la caméra, calmement, sans t’excuser.

Un blanc, vraiment?

Sur papier, ta pause est un espace vide entre deux dates. Et un espace vide, ça s’interprète. Le lecteur le remplit avec ses hypothèses, rarement les meilleures, et tu n’es pas là pour répondre.

En vidéo, ce vide n’existe pas. Il n’y a pas de blanc entre deux dates : il y a toi, maintenant, en train de parler. Ta voix, ton énergie, ta façon d’expliquer ce que tu cherches.

Le problème n’a jamais été ton parcours. C’est le format qui le raconte.

Le trou dans le CV

Avant de parler de honte, parlons de nombres. Selon l’Institut de la statistique du Québec, en 2024-2025, environ 27 % des Québécois et Québécoises de 15 ans et plus ont agi comme personnes proches aidantes. Plus de deux millions de personnes qui soutiennent un parent, un conjoint, un enfant malade.

27 %
C’est la proportion de Québécois et Québécoises de 15 ans et plus qui ont agi comme personnes proches aidantes en 2024-2025, soit environ 2 076 300 personnes, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Ajoute la parentalité. La maladie. L’épuisement. Le retour aux études. La réorientation qui prend plus de temps que prévu. Chacune de ces vies laisse le même espace entre deux dates.

La honte suppose que tu es une exception, un cas à expliquer. Rappelons les faits : tu es la norme. Ce qui est rare, ce n’est pas la pause. C’est le parcours qui n’en a aucune.

Trois phrases, trente secondes

Tu n’as pas à raconter ta pause. Tu as à la traverser. Trois phrases suffisent : une pour nommer, une pour ce que tu en retires, une pour le présent. Trente secondes, et on passe à ce qui compte : toi, maintenant.

Nomme la pause

Une phrase. Pas un dossier.

Tu dis ce qui s’est passé, dans tes mots, sans entrer dans les détails médicaux, familiaux ou personnels. Personne n’a besoin du diagnostic, du nom de l’établissement ou du récit complet. « J’ai pris trois ans pour accompagner ma mère en fin de vie. » « J’ai arrêté deux ans à la naissance de mes enfants. » « J’ai traversé un épuisement, et j’ai pris le temps de m’en remettre. »

Remarque ce que ces phrases n’ont pas : pas de « malheureusement », pas de « j’ai dû », pas de voix qui baisse. Tu nommes un fait. Les faits ne s’excusent pas.

Dis ce qu’elle t’a appris

Une phrase, au concret.

Pas « ça m’a fait grandir ». Qu’est-ce que tu fais mieux qu’avant? Accompagner un proche malade, c’est gérer des rendez-vous, des imprévus, des professionnels de la santé, des journées où rien ne va comme prévu. Élever des enfants, c’est de l’organisation et de la patience à l’échelle industrielle. Se relever d’un épuisement, c’est savoir exactement où sont ses limites, et c’est plus rare qu’on pense.

« J’ai appris à garder mon calme quand tout bouge en même temps. » « Je sais organiser une semaine où rien ne tient dans un horaire. » Une phrase comme celle-là dit plus de savoir-être que dix lignes d’expérience.

Reviens au présent

Une phrase, tournée vers l’avant.

Ce que tu cherches, ce que tu as envie de faire, pourquoi maintenant. « Aujourd’hui, je suis prête à me réinvestir, et le service à la clientèle, c’est ce que je fais de mieux. » C’est la phrase que le recruteur attend, parce que c’est celle qui le concerne.

Mises ensemble, tes trois phrases donnent ceci : « J’ai pris trois ans pour accompagner ma mère. J’ai appris à rester calme dans l’imprévu et à me battre pour ce qui compte. Aujourd’hui, je reviens, et je cherche une équipe où on se parle. » Vingt secondes. Aucune excuse. Et la personne qui regarde n’a plus de question sur ton parcours : elle a envie de te rencontrer.

Côté recruteur

Mets-toi deux minutes de l’autre côté de l’écran.

Ce qui inquiète un recruteur, ce n’est pas la pause. C’est l’esquive. Le parcours maquillé, les dates étirées, la réponse qui tourne autour du pot. Là, le doute s’installe, et il ne porte plus sur les deux années d’absence : il porte sur la confiance.

Une pause nommée calmement produit l’effet inverse. En trente secondes, tu viens de montrer de la lucidité, de l’aplomb, de l’honnêteté. Trois savoir-être qu’aucune ligne de CV ne prouve, et que ta vidéo vient de rendre visibles.

Et voici ce que le recruteur retient vraiment : pas les dates, pas la durée, pas la raison. L’état d’esprit dans lequel tu te trouves aujourd’hui. Si tes mots portent une envie réelle de t’investir, c’est cette envie qui reste après la vidéo. On n’embauche pas un parcours sans interruption. On embauche quelqu’un qui a envie d’être là.

Écris tes trois phrases

Fais-le aujourd’hui. Prends cinq minutes, écris ta phrase qui nomme, ta phrase qui apprend, ta phrase qui revient au présent. Dis-les à voix haute une fois ou deux, pas plus : tu veux tes mots, pas un texte récité.

Puis dis-les à la caméra.

Sources et références

Les données citées proviennent des sources ci-dessous. Nous invitons nos lecteurs à les consulter pour vérifier et approfondir les informations présentées.

  • Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé et le bien-être des personnes proches aidantes 2024-2025 (EQPPA). Environ 27 % des Québécois et Québécoises de 15 ans et plus ont agi comme personnes proches aidantes en 2024-2025, soit environ 2 076 300 personnes. statistique.quebec.ca (remplacer par l’URL de la page française avant publication)
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